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Le libre et l’économie Enregistrer au format PDF

Article AGORA VOX
samedi 6 septembre 2014 par Matthieu GIROUX

Pouvoir améliorer puis redistribuer une œuvre permet indéniablement d’avoir exactement ce que l’on veut avec le minimum de temps. Sans le partage un travail peut être perdu.

Vous me direz qu’il faut cependant créer des emplois, et que les entreprises privatives permettent de créer des emplois. C’est une réflexion de Shadock. On a tous compris qu’il ne suffit pas de pomper pour que l’économie tourne. C’est pourtant ce que proposent beaucoup de personnes sensées défendre la valeur travail.

L’économie actuelle ne fonctionne assurément pas sur la création d’emplois virtuels. L’économie actuelle fonctionne d’abord grâce à l’agriculture et les industries améliorées par la science. C’est là qu’interviennent le domaine public et les licences libres.

Pour qu’un pays se développe il faut améliorer le fonctionnement des secteurs agricoles et industriels. Ainsi les trains, en utilisant un seul moteur pour beaucoup de personnes ou de produits, permettent de ne pas utiliser le cheval ou la voiture et son conducteur. L’association scientifique d’éléments va donc permettre d’économiser du travail pour notamment améliorer le secteur agricole. Avec le moteur, le cheval va alors devenir un partenaire plutôt qu’un outil. Le conducteur va lui s’occuper d’autre chose, pour peu que le pays se développe, grâce aux trains par ailleurs. On va par exemple orienter le conducteur vers les métiers scientifiques ou artistiques.

Depuis la privatisation de la monnaie en 1973, on voit ainsi que la perte des lignes ferroviaires crée des bouchons dans les grandes villes tout en appauvrissant les campagnes. En effet les trains faisaient vivre la campagne grâce à cette économie de travail. L’économie de travail est donc la base de notre économie. Les trains ont été créés parce qu’on a pu capter l’énergie du charbon, plus dense que la biomasse. On a remplacé du travail humain par un travail de moteur. Avec le développement des industries et de l’association l’humain devient un esprit, pas une ressource humaine.

Les licences libres, qui sont l’adaptation des bénéfices du domaine public au droit d’auteur, permettent elles aussi l’économie de travail par l’association, de la même manière que le train. La licence libre permet notamment de protéger la diffusion de l’œuvre du droit d’auteur. En effet le droit d’auteur ne permet plus de protéger l’auteur, puisque celui-ci peut signer un contrat d’exclusivité, se terminant le plus souvent par une cession dans le domaine public, 70 ans après la mort de l’auteur en France. Ne parlez surtout pas d’assurance vie à un auteur censuré par l’exclusivité.

Lorsque l’économie se contracte ou lorsque le pays se développe, diffuser largement une œuvre va permettre une réutilisation rapide de l’œuvre. Vous me direz que les œuvres propriétaires peuvent être diffusées aussi très vite, grâce à du marketing et aux industries. Seulement ces œuvres se basent très souvent sur le domaine public ou certaines œuvres libres pour être vite créées. Nous naissons avec un héritage à améliorer. Créer consiste le plus souvent à améliorer. Il est très facile d’améliorer une recette plutôt qu’un plat à consommer. Ainsi les logiciels privatifs contiennent de plus en plus de sources libres, en respect de la licence privative, dit-on.

La licence GPL, demandant à redistribuer les sources, peut d’ailleurs être un piège pour ces entreprises. C’est ainsi qu’une partie du système ANDROID est devenu libre, puisqu’il était devenu entièrement dépendant de LINUX. La concurrence va alors demander à GOOGLE de faire plus de fleurs à l’utilisateur. D’ailleurs le système LINUX exige un haut niveau de sûreté, parce que quiconque peut l’améliorer. Ce haut niveau de sûreté n’était même pas respecté par GOOGLE.

N’essayez pas de créer quelque chose qui a déjà été fait. C’est ce que sont sensées faire les entreprises pour respecter le non partage de la recette d’une œuvre. Les termes anglais sont Reverse Engineering ou Hacking quand on utilise une œuvre pour créer la recette. Le Hacking et son homonyme plus récent et moins connoté sont utilisés pour percer le secret d’une œuvre, afin de pouvoir l’adapter au monde actuel pour utiliser l’œuvre. Tout ceci peut être légal ou illégal, selon le respect du droit d’auteur ou du brevet. Mais il faut aussi respecter l’économie de travail consistant à utiliser ce qui a été produit.

Une entreprise peut d’ailleurs utiliser l’économie de travail pour se défendre face à une entreprise privative. En effet, les licences libres permettent de se protéger du privatif et de son extension l’obsolescence programmée. Sans la recette de l’œuvre impossible de réparer correctement certaines parties de l’œuvre. On peut se tromper et détruire l’œuvre. Il n’y a plus d’économie de travail. Le pays ne se développe pas. L’entreprise corrompue doit alors permettre la réparation, pour peu que la production soit faite dans le pays de vente. Produire et vendre dans le même pays permet de respecter le producteur et donc le consommateur.

LINUX REPLICANT, clone entièrement libre de LINUX ANDROID, permet ainsi de sauver la diffusion d’un matériel privatif, en lui ajoutant d’ailleurs plus de sûreté et de pérennité. Beaucoup d’autres systèmes libres permettent de faire cela. Les libristes vont d’ailleurs adorer installer un LINUX sur un matériel privatif. En faisant cela ils prolongent la durée de vie du matériel et permettent donc l’économie de travail. Ils se protègent et protègent les autres du privatif.

Le domaine public et les licences libres permettent l’économie de travail, notion essentielle de notre économie, grâce à la diffusion rapide, la sûreté du partage, la pérennité. Nous sommes des individus sociaux et créatifs capables de lier de plus en plus vite et et plus en plus d’éléments, grâce à l’association d’idées et de personnes, avec la réflexion scientifique selon Platon.


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